Des catalyseurs pour un avenir plus propre

Publié le lundi 30 avril 2018

Le professeur Michael Organ est dans un laboratoire et regarde des données scientifiques, debout devant un ordinateur.

Photo : Martin Lipman/CRSNG

La fabrication de biens de consommation courants comme les antibiotiques, le denim et les écrans de cellulaires produit une quantité stupéfiante de déchets chimiques. Michael Organ, chef de file de la chimie verte et directeur du Centre de recherche et d’innovation en catalyse de l’Université d’Ottawa, est bien conscient de l’urgence de concevoir des procédés de fabrication moins polluants.

Au début des années 2000, Michael Organ et son équipe de recherche ont conçu la famille de catalyseurs Pd-PEPPSI. En bref, les catalyseurs sont des substances qui accélèrent les réactions chimiques sans être altérées par ces réactions.

Les catalyseurs mis au point par le chercheur et son équipe agissent plus rapidement et produisent moins de déchets que les catalyseurs déjà sur le marché. Brevetés en 2005 et commercialisés en 2006, ils ont été utilisés par une quarantaine de compagnies dans plus d’une douzaine de pays, principalement dans la fabrication de produits chimiques fins pour les industries pharmaceutique, électronique et agrochimique.

« Les catalyseurs sont essentiellement de petits moteurs qui propulsent l’assemblage de la structure chimique. Ils ont la capacité de convertir une molécule en une autre molécule, idéalement de façon très rapide et sélective, explique le chercheur. Chaque fabricant de produits chimiques fins de la planète utilise les Pd-PEPPSI. »

Le professeur Michael Organ et deux autres scientifiques travaillent dans un laboratoire et portent un sarrau à l'effigie de l'Université d'Ottawa.

Le professeur Michael Organ dirige une équipe d'une vingtaine de chercheurs travaillant à perfectionner les technologies de catalyse verte. Photo : Martin Lipman/CRSNG

Les découvertes exceptionnelles de Michael Organ dans le domaine de la catalyse lui ont valu le prix John-C.-Polanyi du Conseil de recherches en sciences et en génie du Canada (CRSNG). Le prix récompense les plus grandes innovations en sciences et en génie du pays. « Michael Organ mérite ce prix au plus haut point », affirme Sylvain Charbonneau, vice-recteur à la recherche. « Ses travaux placent l’Université d’Ottawa à l’avant-garde de la recherche sur les technologies propres, qui seront déterminantes pour l’avenir. »

Comme la catalyse permet d’accélérer les réactions chimiques, d’éliminer des étapes et de produire le composé désiré en plus grande quantité, elle est l’un des 12 piliers de la chimie verte. « Disons, par exemple, qu’on produit 10 tonnes d’un médicament. On restera avec un millier de tonnes de déchets. Et ça, c’est pour un seul médicament d’une seule compagnie. Or, on produit chaque année une quantité astronomique de composés chimiques », souligne Michael Organ, qui dirige une équipe d’une vingtaine de chercheurs travaillant à perfectionner les technologies de catalyse verte. « La voie de l’avenir, poursuit-il, c’est de rendre la catalyse plus écologique en créant des réactions qui génèrent moins de sous-produits indésirés. »

Comme la catalyse joue un rôle dans la fabrication de la plupart des biens de consommation, le potentiel économique et écologique des découvertes de Michael Organ est immense. Ses catalyseurs pourraient révolutionner les procédés de fabrication des produits chimiques. Une bonne nouvelle pour la planète!

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