Des chercheuses de l’Université d’Ottawa grandes gagnantes des prix du CRSH

Publié le vendredi 15 septembre 2017

Des chercheuses de l’Université d’Ottawa ont commencé l’année universitaire en beauté, en remportant deux des cinq plus importants prix décernés par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH).

Katherine Lippel, professeure à la Section de droit civil de la Faculté de droit, a reçu la Médaille d’or, la plus haute distinction du CRSH pour les réalisations en recherche, qui reconnaît « le leadership, le dévouement et l’originalité de la pensée ». Katherine Lippel est reconnue mondialement pour ses travaux avant-gardistes en droit de la santé et de la sécurité au travail.

Lori Beaman, professeure au Département d’études anciennes et de sciences des religions, a remporté le prix Savoir, qui souligne les réalisations exceptionnelles issues d’un projet de recherche financé, en totalité ou en partie, par le CRSH. Son projet sur la religion et la diversité – une vaste recherche internationale sur des questions relatives à la diversité religieuse – a été lancé en 2010, grâce à une subvention de 2,5 millions de dollars du CRSH.

« Katherine Lippel et Lori Beaman sont à la fine pointe de la recherche sur des questions cruciales liées à l’égalité dans la société actuelle », a dit Sylvain Charbonneau, vice-recteur intérimaire à la recherche. « La communauté universitaire salue leur savoir et leur leadership exceptionnels dans des domaines clés de la politique publique. »

Katherine Lippel est la troisième professeure de l’Université d’Ottawa à remporter la Médaille d’or depuis sa création en 2003, après Shana Poplack en 2012 et Constance Backhouse en 2011.

 

 

Katherine Lippel

Donner une voix aux travailleurs vulnérables

Katherine Lippel

Récemment, Katherine Lippel a rédigé un rapport sur la violence au travail pour l’Organisation internationale du Travail (OIT) des Nations Unies. L’OIT est l’une des nombreuses organisations locales et internationales qui fait régulièrement appel à son expertise sur les liens entre le droit et la santé et la sécurité au travail.

Katherine Lippel, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit de la santé et de la sécurité du travail, travaille depuis plus de 30 ans sur un large éventail de questions touchant les travailleurs et travailleuses. Certaines de ses recherches les plus influentes portent sur la protection de la santé mentale au travail, l’importance de tenir compte du genre dans l’élaboration des politiques de santé et de sécurité au travail, et la reconnaissance du droit à une indemnité en cas de cancer lié au travail. Elle s’intéresse également aux approches de réglementation de partout dans le monde, afin de déterminer si elles améliorent la santé et la sécurité des travailleurs.

La professeure Lippel affirme qu’elle cherche à « donner une voix à ceux et celles qui n’en ont pas, afin d’influencer les politiques publiques ». Cela comprend les travailleurs marginalisés et blessés, ainsi que les femmes œuvrant dans des milieux traditionnellement masculins.

Elle aimerait aussi pouvoir examiner de plus près la situation des travailleurs temporaires et des immigrants, qui se retrouvent souvent avec des emplois très dangereux, sans être bien protégés. Depuis les 15 ou les 20 dernières années, le Canada a connu une augmentation de certaines catégories d’emplois précaires, ce qui, selon la professeure, a nui aux protections prévues dans la législation en matière de droit du travail.

« J’aimerais prendre ma retraite en sachant que nous avons contribué à prévenir l’externalisation des risques au détriment des travailleurs les plus vulnérables », explique-t-elle. Ce serait, en effet, une excellente façon de couronner une carrière en recherche consacrée à la quête de l’égalité au travail.

 

 

Lori Beaman

Composer avec la diversité

Lori Beaman

La religion et la diversité sont à l’origine de beaucoup de divisions dans le monde. Mais la diversité peut aussi être une précieuse ressource pour assurer l’égalité dans la société, croit Lori Beaman, qui a passé les sept dernières années à étudier cette question extrêmement complexe selon différentes perspectives, aux côtés d’une équipe de 37 chercheurs de partout dans le monde.

Dans le cadre de l’un des nombreux aspects de son projet Religion et diversité, la professeure Beaman met au point de nouveaux outils pour mieux mesurer la gamme toujours croissante d’identités religieuses et non religieuses. Par exemple, de plus en plus de Canadiens et Canadiennes – environ une personne sur quatre – déclarent n’avoir aucune appartenance religieuse. Dans l’avenir, Lori Beaman aimerait explorer les conséquences du nombre croissant de personnes non religieuses au Canada et dans d’autres pays, comme l’Australie, l’Angleterre et le Brésil.

Au cours de sa recherche, Lori Beaman, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en diversité religieuse et en changement social, a souligné le rôle que joue le Canada en relevant les défis liés à un accroissement de la diversité.

« À l’extérieur du Canada, on pense que nous avons quelque chose à offrir en matière de modèles de compréhension et de gestion de la diversité », dit-elle. « On nous voit souvent comme un pays où, par exemple, le multiculturalisme fonctionne. On peut certainement trouver des lacunes importantes sur le plan de l’égalité, mais en même temps, les multiples points de vue des Canadiens sur la diversité peuvent nous aider à créer de meilleurs modèles de vivre-ensemble pour faire face à l’avenir, qui promet d’être complexe. »

Haut de page