Une même cause pour les maladies chroniques?

Dressed in a white lab coat and with a glowing smile, a researcher chats with two people.

Les décès qui surviendront au fil des prochaines années au Canada seront pour la plupart attribuables aux maladies chroniques telles que les maladies du cœur, l’obésité, le diabète, la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Et si tous ces maux découlaient d’une même origine? En réglant le problème à la source, il deviendrait alors possible de prolonger des millions de vies, en plus de soulager une pression qui s’intensifie sur les systèmes de santé partout dans le monde.

Zemin Yao, professeur de biochimie à l’Université d’Ottawa, croit que l’éradication des maladies chroniques repose sur une même approche fondamentale : restaurer l’énergie et le mécanisme d’élimination des déchets dans les cellules hépatiques. « Toutes ces maladies prennent naissance dans le foie, explique-t-il. Une fois ce problème résorbé, le reste rentrera dans l’ordre. »

Les essais réalisés sur de nombreuses cultures cellulaires ont de quoi susciter l’engouement : les dépôts anormaux de protéines responsables de la maladie de Parkinson, par exemple, se sont dissipés en deux jours.

« Nous avons encore beaucoup à faire pour confirmer notre théorie hépatocentrique, affirme-t-il, mais à date, elle tient la route. »

De nos jours, la surconsommation de nourriture et le manque d’activité physique tendent à déstabiliser le système d’énergie cellulaire, explique-t-il. « Tout comme les humains, les lysosomes deviennent moins actifs avec le temps. »

Conçus pour digérer les déchets du corps humain, les lysosomes circulent librement dans les cellulaires saines, mais s’alanguissent dans les cellules malades. Confrontés à un déséquilibre énergétique, ces « appareils digestifs » cellulaires s’immobilisent; les protéines, gras et autres substances obstruent alors les organes, ce qui provoque l’apparition de maladies.

En mettant au point un processus biochimique complexe qui repose sur l’injection d’une enzyme dans les cellules hépatiques pour en régulariser l’énergie, Zemin Yao croit avoir découvert comment rééquilibrer le système d’énergie cellulaire et relancer l’activité bienfaitrice des lysosomes.

La théorie du chercheur – qui attribue bon nombre de maladies chroniques à un déséquilibre énergétique dans les cellules hépatiques – se fonde sur les concepts fondamentaux de la médecine traditionnelle chinoise. Le qi, le flux d’énergie vitale, serait régi par le foie, tandis que la clé d’une bonne santé dépendrait de l’équilibre entre le yin et le yang.

« Je cultivais l’idée de combiner les disciplines orientales et occidentales pour mieux traiter les maladies chroniques, poursuit-il. La médecine chinoise se base sur une approche systémique. Pour soulager un mal de tête, on examine le foie : lorsqu’on régularise le qi du foie, le cerveau prend du mieux. »

Né à Shanghai, le chercheur de 65 ans a passé la majeure partie de sa vie au Canada. Titulaire d’un doctorat de l’Université de la Colombie-Britannique, il s’est joint à l’Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa en 1994 pour y superviser un laboratoire de recherche. Il a également dirigé le Département de biochimie, de microbiologie et d’immunologie de l’Université de 2002 à 2013. Aujourd’hui, il enseigne à la Faculté des sciences et à la Faculté de médecine.

Au cours des prochaines décennies, Zemin Yao espère voir apparaître une nouvelle catégorie de médicaments pour nettoyer les détritus qui occasionnent les maladies chroniques en s’amassant dans les cellules. Il caresse aussi le rêve de mettre sur pied un institut de recherche sur le métabolisme à l’Université d’Ottawa pour poursuivre ces travaux avant-gardistes.

Zemin Yao stands in front of a plaque indicating the name of a research centre in English and Chinese.Le professeur Zemin Yao a contribué à tisser des liens entre l’Université d’Ottawa et deux universités chinoises de médecine traditionnelle pour mettre sur pied le Centre sino-canadien de recherche sur les pathologies digestives.

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