Un vaccin qui rapporte gros! Le premier vaccin semi-synthétique destiné aux enfants

Vaccin

« On vise des pays en voie de développement. On veut leur donner la possibilité d’utiliser ces produits à moindre coût » René Roy, chercheur.

René Roy

Dr Roy

De concert avec une équipe de chercheurs de l’Université de la Havane, un ancien professeur du département de chimie de l’Université d’Ottawa, Dr René Roy, a mis au point le premier vaccin semi-synthétique au monde. Tout porte à croire que l’on assiste à la naissance d’une nouvelle génération de vaccins qui pourrait sauver beaucoup de vies.

L'Haemophilus influenzae de type b (Hib) est une bactérie qui affecte principalement les enfants de moins de cinq ans en causant une pneumonie ou une méningite et provoque chaque année plus d’un demi-million de décès dans le monde entier. Avant 1994, il existait un vaccin contre le Hib, obtenu par un procédé complexe utilisant la fermentation de cultures bactériennes, qui était très dispendieux à produire ce qui limitait massivement l’achat de ce dernier par des pays en développement. Par conséquent, la plupart des décès causés par l’Hib se retrouvaient dans ces pays, incluant Cuba.

Cuba, qui voyait sa facture annuelle dépasser les trois millions de dollars pour importer ce vaccin, décida de se pencher sur l’élaboration d’une version synthétique du vaccin dès 1989. Mais ce n’est qu’en 1994, lorsque les chercheurs cubains collaborèrent avec Dr Roy, alors qu’il était professeur au sein du département de chimie de l’Université d’Ottawa, qu’ils réussirent à percer les secrets derrière la production synthétique des vaccins.

Le vaccin semi-synthétique que les chercheurs ont développé est composé de deux entités : un fragment artificiel d’origine bactérienne et une protéine porteuse. Cette nature révolutionnaire du vaccin comporte plusieurs avantages non négligeables. D’abord, ce nouveau vaccin présente l’avantage de pouvoir être produit à coût minime et à grande échelle. De plus, contrairement aux vaccins déjà existants contre les infections de l’Hib, la nature synthétique de ce vaccin le rend complètement sécuritaire et réduit grandement les effets secondaires possibles. D’ailleurs, depuis 2005, tous les bébés cubains en reçoivent une dose, les immunisant contre les maladies causées par l’Hib.

La nature révolutionnaire de cette découverte attira beaucoup d’attention sur ces chercheurs et fut même certifiée par l’Organisation mondiale de la santé. Un prix de 50,000$ leur fut décerné par Tech Museum Awards. De plus, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle leur a remis la médaille d’or pour cette avancée technologique.

Le vaccin est maintenant disponible à coût minime dans plusieurs pays en développement tels que le Vietnam, la Syrie, le Brésil, le Venezuela et l’Angola. Même aujourd’hui, le volet humanitaire de cette découverte persiste: l’objectif principal du vaccin est de diminuer le taux de mortalité infantile. À cet effet, l’Université d’Ottawa et l’Université de la Havane ont convenu de renoncer à toute redevance de la vente de Quimi-Hib soit à Cuba ou dans tout autre pays en développement épris d’une épidémie des maladies causées par l’Hib.

« Le plus important, c’est qu’on contribue à la santé des enfants », a déclaré le Dr Vicente Verez Bencomo, responsable du laboratoire des antigènes synthétiques de l'Université de La Havane, lors d'un congrès international sur la biotechnologie.

Cette histoire inspirante nous rappelle que le processus de commercialisation peut s’échelonner sur des décennies et témoigne des efforts qui ont révolutionné la science derrière la création d’un vaccin afin de sauver des millions de vies. Grâce en partie aux Services de soutien à l'innovation de l'Université d'Ottawa, aujourd'hui, le vaccin Quimi-Hib est abordable et est produit en masse par l'entreprise Heber Biotec. Le vaccin tente de faire sa place sur plusieurs marchés internationaux afin de réduire au maximum le taux de mortalité infantile relié à l’infection de l’Hib. L’expertise du Dr René Roy, professeur de chimie à l’Université d’Ottawa de 1985 à 2002, sera pour longtemps une référence dans le domaine.


Dr René Roy

Le professeur René Roy œuvre à l'UQÀM depuis 2003. Son travail implique la synthèse de vaccins antibactériens tels que la méningite, la pneumonie et les infections pulmonaires causées par Burkholderia cepacia chez les patients atteints de fibrose kystique. Il travaille également sur le développement d'un vaccin contre le cancer du sein. Récemment, il a récidivé avec un premier vaccin conjugué pour le secteur vétérinaire contre la méningite porcine. La carrière du Dr Roy est marquée par un nombre impressionnant d’honneurs et de distinctions. De plus, il est maintenant cofondateur de l’entreprise Glycovax Pharma. Pour en savoir plus sur les exploits extraordinaires du Dr Roy, veuillez consulter son profil.

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