Une comparaison entre des enfants immigrants de quatre pays fait état de points forts et de retards

Publié le mardi 11 septembre 2012

OTTAWA, le 11 septembre 2012 — Les jeunes enfants dont la famille immigre en Australie, au Canada, au Royaume-Uni et aux États-Unis sont tout aussi préparés et aptes à commencer l’école que leurs homologues nés dans ces pays, sauf sur le plan du vocabulaire et du développement du langage. C’est là la conclusion d’une nouvelle étude publiée dans le numéro de septembre-octobre 2012 de la revue Child Development, qui consacre une section spéciale aux enfants d’immigrants.

L’étude a été menée par des chercheurs de l’Université de Bristol, en Angleterre, de l’Université Columbia, à New York, de la London School of Economics and Political Sciences, de la University of New South Wales, en Australie, et de l’Institute for the Study of Labor (IZA), en Allemagne, de concert avec Miles Corak, expert en mobilité sociale de l’Université d’Ottawa, et un de ses étudiants diplômés,Ali A. Ghanghro.

« Les enfants immigrants ne sont ni plus ni moins désavantagés par leurs antécédents familiaux lorsqu’ils entrent à l’école, sauf peut-être pour les habiletés de lecture. Mais, au fil du cheminement scolaire, ces désavantages sont surmontés à un degré beaucoup plus élevé en Australie et au Canada qu’au Royaume-Uni et aux États-Unis », affirme le professeur Corak.

Selon Elizabeth Washbrook, conférencière en pédagogie à l’Université de Bristol qui a dirigé l’étude : « Les différences entre les familles immigrantes sont plus frappantes selon la langue parlée à la maison plutôt que selon le pays d’origine, les enfants d’immigrants obtenant de moins bons résultats aux tests de vocabulaire que leurs pairs dont les parents sont nés au pays, particulièrement si une langue autre que la langue officielle est parlée à la maison. Mais ces immigrants de seconde génération ne sont généralement pas désavantagés pour ce qui est des aspects cognitifs non verbaux et ne présentent pas non plus de différences comportementales marquées. Les différences entre pays dont fait état la littérature existante quant aux résultats cognitifs dans les années d’adolescence seraient beaucoup moins évidentes durant les premières années. »

Plus précisément, les enfants étudiés ont obtenu des résultats semblables à ceux de leurs homologues ayant des parents nés au pays pour ce qui touche les comportements hyperactifs et antisociaux, le comportement agressif et les habiletés non verbales. À l’exception de la langue, les enfants de familles immigrantes démarrent donc en moyenne leur vie sur le même pied que les autres enfants.

Cette constatation contredit des recherches menées sur des immigrants de seconde génération plus âgés, et qui laissent penser, par exemple, que les adolescents de seconde génération au Canada et en Australie performent aussi bien ou même mieux en lecture, en mathématiques et en sciences que leurs homologues de parents nés au pays, alors que les adolescents de seconde génération du Royaume-Uni et des États-Unis obtenaient généralement de moins bons résultats dans ces domaines que leurs pairs dont les parents sont nés au pays.

Pour un complément d’information, voir le communiqué de la Society for Research in Child Development  (site en anglais).

Pour plus d'information

Maria Scopelliti
Agente des relations médias internationales
Université d’Ottawa
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