Une guerre entre les défenses cellulaires et d’anciens agents pathogènes pourrait être une cause de cancer

Publié le mardi 4 novembre 2014

OTTAWA, le 4 novembre 2014 — Dans une étude parue aujourd'hui dans Nature Communications (anglais seulement), des chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université d’Ottawa annoncent qu’ils ont découvert un nouveau mécanisme de contrôle des mutations génétiques. Ce mécanisme pourrait jouer des rôles dans l’évolution, la pharmacorésistance et la formation de tumeurs dans un grand nombre de cancers du sein et de l’ovaire.

Les cellules cancéreuses développent souvent une pharmacorésistance, qui est l’un des principaux obstacles à la guérison de nombreux types de cancer. Des découvertes récentes portent à croire que les cancers sont causés par de multiples mutations génétiques et que des mutations génétiques continuelles amènent les tumeurs à développer une résistance aux médicaments utilisés pour le traitement du cancer.

Le mécanisme, découvert par l’équipe de recherche du Dr Derrick Gibbings, s’apparente à une véritable guerre entre un processus de dégradation cellulaire appelé l’autophagie et d’anciens agents pathogènes appelésrétrotransposons. En bref, disons que les rétrotransposons créent des mutations dans notre ADN et représentent 25 % des différences génétiques entre deux êtres humains.

« En provoquant des mutations dans notre ADN, les rétrotransposons nous ont fourni les gènes essentiels à des fonctions vitales, comme la formation du placenta. En fait, près de la moitié de nos génomes sont dérivés des rétrotransposons. Toutefois, ces pathogènes peuvent encore provoquer des mutations qui risquent de causer la pharmacorésistance, des cancers et d’autres maladies », explique le Dr Gibbings, professeur adjoint de médecine cellulaire et moléculaire. « Les mammifères, y compris les humains, n’auraient pas évolué sans les rétrotransposons. Ils sont à la fois nos ennemis et nos amis. »

L’équipe de recherche a découvert que l’autophagie dégradait les rétrotransposons et les empêchait de créer de nouvelles mutations du génome. On sait que l’autophagie n’est pas assez active dans 35 à 70 % des cancers de l’ovaire et du sein. Or, l’équipe du Dr Gibbings étudie en ce moment des indications préliminaires qui montreraient que chez ces patients, les rétrotransposons deviennent trop actifs et nuisent à la guérison.

« Nous savons maintenant que les rétrotransposons ont une incidence sur la création et la croissance des tumeurs et sur l’évolution des espèces. Nos résultats nous portent à croire que l’autophagie contribue à atténuer ces processus, précise le Dr Gibbings. Nous pensons donc qu’en permettant à l’autophagie de faire son travail, nous pourrions ralentir la croissance des tumeurs et leur réapparition après la chimiothérapie, en utilisant des médicaments relativement bénins servant déjà à traiter d’autres maladies. »

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