Pour optimiser les bienfaits de l’exercice chez les personnes atteintes de diabète de type 1

Publié le jeudi 15 mars 2012

OTTAWA, le 15 mars 2012 — Une nouvelle étude publiée dans Diabetes Care indique que les personnes diabétiques de type 1 qui font des exercices contre résistance avant une activité aérobique pourraient arriver à maintenir une glycémie normale pendant leur entraînement.

Cette recherche a été menée par Jane Yardley dans le cadre de son programme de doctorat à l’Université d’Ottawa, sous la direction de Glen Kenny de l’Université d’Ottawa et de Ronald Sigal de l’Université de Calgary. On a recruté 12 personnes diabétiques de type 1 actives sur le plan physique afin d’étudier l’incidence sur la glycémie des exercices contre résistance combinés à une activité aérobique, et de déterminer si l’ordre dans lequel ils sont pratiqués fait une différence.

Même s'il a été prouvé que l'exercice physique permet de prolonger l'espérance de vie et de réduire les risques de complications de la maladie chez les personnes diabétiques de type 1, peu de recherches ont été effectuées pour déterminer le type d'exercice le plus sûr et le plus efficace. Actuellement, bon nombre de personnes aux prises avec le diabète de type 1 ne font pas d’exercice, car elles craignent l’hypoglycémie (taux de glucose bas) qui survient souvent durant une activité aérobique prolongée.

Entre-temps, des études limitées indiquent que les exercices contre résistance (poids et haltères) pratiqués seuls ou en combinaison avec une activité aérobique pourraient procurer de plus grands bienfaits pour le contrôle de la glycémie que l'aérobie. Les effets immédiats de la combinaison d’activités aérobiques et d’exercices contre résistance sur la glycémie des personnes diabétiques de type 1 avant et après l’entraînement demeurent essentiellement inconnus.

L’étude de Mme Yardley apporte un éclairage nouveau sur ce sujet complexe. Les participants se sont entraînés pendant 90 minutes à deux occasions différentes : l’une où ils ont couru pendant 45 minutes avant de faire des poids et haltères, et l’autre où les activités ont été inversées. Des échantillons de sang ont été pris pendant chacune des séances d’exercice afin de surveiller la glycémie des participants. Ces derniers ont aussi porté un glucomètre permettant de mesurer leur glycémie en continu 24 heures après les deux entraînements.

Les chercheurs ont découvert que dans les cas où l’activité aérobique était pratiquée en premier, la glycémie chutait aussitôt et ne se rétablissait que lorsque les participants approchaient la fin de la séance de 90 minutes. Parmi les douze participants, neuf ont dû prendre une dose supplémentaire de glucides pendant l’entraînement pour prévenir l’hypoglycémie. En revanche, lorsque l’ordre des activités physiques était inversé (exercices contre résistance en premier), la glycémie commençait à chuter après plus d’une heure d’exercice, et un nombre inférieur de participants avait besoin d’une dose supplémentaire de glucides pour terminer la séance.  Même si l’hypoglycémie nocturne n’était pas fréquente pendant l’étude, les cas avaient tendance à être pires après les séances où l'activité aérobique était pratiquée en premier.

« Les personnes diabétiques de type 1 qui augmentent leur consommation de sucre et diminuent leur dose d’insuline pour éviter l’hypoglycémie durant l’entraînement peuvent essentiellement annuler plusieurs bienfaits associés à celui-ci. Cette étude montre qu’il existe d’autres options qui pourraient en fait permettre à ces personnes de tirer davantage profit de leurs activités physiques tout en demeurant en sécurité », déclare Mme Yardley.

Les chercheurs insistent sur le fait que les recherches futures qui examinent différentes intensités et durées d’exercice doivent être menées avant que des programmes d’entraînement ne soient prescrits. Mme Yardley précise que « plusieurs facteurs physiques, psychologiques et environnementaux peuvent avoir une incidence sur la glycémie des personnes diabétiques de type 1 durant une séance d’entraînement. Par conséquent, il est important de surveiller constamment les taux de sucre dans le sang. » 

Pour plus d'information

Maria Scopelliti
Agente de relations avec les médias internationaux
Université d'Ottawa
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