Un nouveau fonds aide les chercheurs en début de carrière à mener des recherches avant-gardistes

Une ampoule jaune sur un fond noir

Kin Chan a une façon originale de lutter contre les changements climatiques. Pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles, ce professeur de la Faculté de médecine met son expertise en génomique du cancer au service de la production de bioéthanol bon marché.  

M. Chan s’est inspiré des puissantes mutations qui causent la prolifération des cellules cancéreuses. Son idée consiste à utiliser cette hypermutation pour générer des cellules de levure qui sont très efficaces pour produire du bioéthanol à partir de résidus végétaux (biomasse), une option plus durable et moins polluante que les énergies fossiles.   

Ce mariage inusité de la génomique du cancer et du génie chimique des biocarburants est en plein le genre de recherches avant-gardistes que le fonds Nouvelles frontières en recherche cherche à appuyer. Initiative des trois conseils subventionnaires du Canada, ce nouveau fonds s’adresse aux chercheurs en début de carrière et appuie des recherches interdisciplinaires qui « présentent des risques élevés et demandent des résultats rapides », explique-t-on sur le site Web.

L’Université d’Ottawa et ses instituts de recherche affiliés ont reçu plus de 2,6 millions de dollars dans le cadre du concours inaugural de ce fonds.

 

Les lauréats de l’Université d’Ottawa :

Clément Bataille, Faculté des sciences

Les insectes peuvent parcourir de grandes distances et transporter des gènes, des parasites, des nutriments, du pollen et des maladies d’un continent à l’autre. Ces migrations présentent à la fois des avantages et des risques considérables pour les écosystèmes et les humains. À l’ère des changements climatiques, il est urgent de comprendre les migrations des insectes et leur évolution potentielle. Clément Bataille étudie la géochimie des ailes de papillons pour retracer les comportements migratoires de ces insectes et ainsi mieux comprendre les mécanismes génétiques qui sous-tendent ces migrations.

Anne Broadbent, Faculté des sciences

L’infrastructure numérique moderne s’appuie sur la cryptographie pour assurer la confidentialité des opérations numériques. L’arrivée des ordinateurs quantiques rendra-t-elle cette protection inefficace? Anne Broadbent cherche à concevoir des systèmes cryptographiques avancés basés sur la théorie de l’information et de la cryptographie quantiques pour atteindre un niveau supérieur de protection des données et des renseignements personnels.

Julian Chan, Faculté des sciences

La découverte de nouveaux matériaux capables de transmettre l’électricité sans aucune résistance – et donc sans perte d’énergie – révolutionnerait la façon dont l’énergie est transmise, stockée et utilisée. Julian Chan et son équipe s’intéressent à la création de structures organiques moléculaires exotiques présentant une supraconductivité à haute température. Une telle percée permettrait de réduire le gaspillage d’énergie et la dépendance aux énergies non renouvelables comme les combustibles fossiles.

Kin Chan, Faculté de médecine

Les changements climatiques présentent de sérieux défis à l’humanité, et le recours aux énergies fossiles en est l’une des principales causes. L’objectif de Kin Chan est d’accélérer le développement de levures améliorées pour produire du bioéthanol de façon plus efficace et à faible coût, à partir de résidus végétaux. Son approche est basée sur sa compréhension des lésions et mutations de l’ADN associées au cancer.

Marceline Côté, Faculté de médecine

CRISPR, une technologie d’édition génomique, suscite un grand engouement en raison de ses nombreuses applications thérapeutiques potentielles. Toutefois, son utilisation in vivo accuse encore certaines lacunes. Les recherches de Marceline Côté, Suresh Gadde et Morgan Fullerton combinent la force des virus et les nanobiomatériaux pour concevoir des nanomédicaments fondés sur le système CRISPR en vue de l’édition génomique.  L’objectif à long terme est de concevoir des solutions thérapeutiques pour des maladies génétiques pour lesquelles il n’existe encore aucun traitement.

Corrie daCosta, Faculté des sciences

Les comprimés et les injections constituent les principales options pour l’administration des médicaments, mais serait-il possible de donner à nos propres cellules la capacité de fabriquer et de sécréter la bonne dose de médicament au bon moment? Corrie daCosta, Roberto Chica et Maia Fraser travaillent à la conception de biocapteurs génétiquement codés, basés sur des protéines naturellement présentes dans l’organisme. Ces biocapteurs pourraient être appliqués à de futures thérapies cellulaires qui ont le potentiel de transformer le traitement de maladies comme le diabète.

Riadh Hammami, Faculté des sciences de la santé

Les probiotiques sont vus comme un traitement prometteur pour les maladies mentales et les troubles de l’humeur. Toutefois, les mécanismes par lesquels ils exercent leurs effets sont encore mal compris, ce qui freine la mise au point d’applications thérapeutiques. Riadh Hammami et Marie-Claude Audet souhaitent démontrer que la production de GABA (un type d’acide aminé) par certains probiotiques joue un rôle essentiel dans l’amélioration de la santé mentale. Leurs recherches viendront combler des lacunes dans la compréhension des interactions entre le microbiote intestinal et le cerveau humain.

Maxime Rousseaux, Faculté de médecine

L’incroyable complexité du cerveau est en partie attribuable à la diversité des cellules qui le composent. Pour Maxime Rousseaux, il est essentiel de savoir dans quel système cellulaire un gène donné joue un rôle de façon à pouvoir comprendre la fonction de ce gène et la façon dont il est affecté par la maladie. Toutefois, les techniques actuelles pour identifier les cellules d’origine sont limitées et coûteuses. L’objectif de cette recherche est d’utiliser le système CRISPR-Cas9, l’imagerie tissulaire 3D, le forage et la visualisation des données pour surmonter ces obstacles et, en définitive, faire progresser la recherche sur la maladie de Parkinson.

Leandro Sanchez, Faculté de génie

Au Canada, beaucoup de structures de béton essentielles, dont certains ponts, présentent d’importants signes de détérioration, et arrivent même à la fin de leur vie utile. L’objectif du projet de Leandro Sanchez est de fournir aux ingénieurs des outils fiables et efficaces pour détecter, diagnostiquer et corriger les dommages dangereux subis par les structures de béton. Ces outils, basés sur le génie civil et le génie géologique, l’intelligence artificielle, l’apprentissage machine et l’informatique de l’imagerie biomédicale, pourraient révolutionner la surveillance et la gestion des infrastructures essentielles.

 

Les lauréats de nos instituts de recherche affiliés :

Emilio Alarcon, Institut de cardiologie de l’Université d’Ottawa

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès prématuré au Canada. Les timbres cardiaques électro-conducteurs se sont révélés efficaces chez l’animal pour améliorer le fonctionnement du cœur après une crise cardiaque, mais sont difficiles à utiliser chez l’humain, qui a besoin d’un timbre sur mesure. Emilio Alarcon et son équipe travaillent à la mise au point d’un dispositif de bio-impression à main capable de produire sur-le-champ un timbre cardiaque que les chirurgiens peuvent appliquer directement à la région endommagée du cœur. Cet outil pourrait sauver des milliers de vies au pays et permettre d’épargner des millions de dollars en soins de santé.

Virginie Cobigo, Institut de recherche du CHEO

Par ses recherches, Virginie Cobigo vise à rendre la technologie plus accessible aux personnes ayant une déficience cognitive. Son projet propose de faire participer ces personnes au processus de recherche et développement de façon à améliorer les technologies et à augmenter les chances que ces personnes les adoptent. L’objectif est de mettre en place une approche inclusive de la recherche et du développement, et d’analyser les facteurs qui pourraient favoriser une transformation systémique.

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