Des établissements de recherche de France lancent une antenne à l’Université d’Ottawa

Publié le mardi 29 janvier 2019

 

Jan Matas, les bras croisé, appuyé sur un pan de mur.

Jan Matas, représentant de l'antenne conjointe CNRS-Université de Lyon au Canada. Photo : Valérie Charbonneau

 

Par Monique Roy-Sole

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l’Université de Lyon ont fondé une antenne conjointe à l’Université d’Ottawa. Unique au Canada, ce bureau est une initiative franco-canadienne d’internationalisation de la recherche qui vise à renforcer les collaborations existantes entre la France et le Canada et à amorcer de nouveaux projets à l’échelle des deux pays.

Le lancement du 29 janvier a été marqué par la signature d’une entente pour la création d’un Laboratoire international associé (LIA) en recherche neuromusculaire. Il s’agit là du deuxième LIA pour l’Université d’Ottawa : le premier, créé en 2014, poursuit des recherches en chimie verte.

La cérémonie de signature a été suivie du Forum pour le dialogue Alex-Trebek sur la santé et l’intelligence artificielle, réunissant des spécialistes d’universités françaises, de l’Hôpital Montfort et de l’Université d’Ottawa.

« L’Université d’Ottawa entretient depuis de nombreuses années des collaborations de recherche fructueuses avec le CNRS et l’Université de Lyon », a déclaré Jacques Frémont, recteur et vice-chancelier. « Nous sommes fiers que ces deux établissements prestigieux aient choisi d’établir leur antenne conjointe sur notre campus, ce qui servira à renforcer nos partenariats et donnera un coup de main important à d’autres projets d’internationalisation de la recherche. »

Jan Matas est le représentant de l’Antenne conjointe CNRS-Université de Lyon au Canada et un chercheur en géophysique au CNRS. Il fait le point sur cette nouvelle initiative :

Pourquoi le CNRS et l’Université de Lyon ont-ils décidé d’établir une antenne conjointe au Canada?

L’antenne se base sur la richesse des relations qui existent déjà avec le Canada et, évidemment, avec le Québec. Il y a une volonté partagée par le CNRS, en tant qu’organisme national de recherche, et l’Université de Lyon, en tant qu’université de recherche qui souhaite être attractive au niveau mondial, de mettre l’accent sur l’internationalisation de la recherche. Ces deux établissements souhaitent appuyer davantage, par des gestes clairs et forts, cette internationalisation avec des partenaires stratégiques, dont fait partie le Canada.

Pourquoi choisir l’Université d’Ottawa?

L’Université d’Ottawa a une tradition de coopération avec la France. En tant qu’université bilingue, elle porte l’étendard de la francophonie, en Ontario et au Canada. De plus, le CNRS et l’Université de Lyon travaillent avec l’Université d’Ottawa depuis plus de 10 ans. Les premières réalisations institutionnelles, telles que le LIA en chimie verte, ont vu le jour en 2008 et ont démontré le grand potentiel scientifique d’une telle collaboration.

Tom Baker, en avant plan, et un étudiant, en arrière-plan, portent des lunettes de sécurité dans un laboratoire.

Tom Baker, professeur de chimie à l’Université d’Ottawa, a joué un rôle clé dans la création, en 2014, du premier Laboratoire international associé (LIA) avec des établissements de recherche français. L’antenne conjointe CNRS-Université de Lyon vise à amorcer de telles collaborations de recherche à l’échelle du Canada. Photo : Peter Thornton

Quels sont les objectifs principaux de l’antenne conjointe?

L’objectif de cette antenne est à la fois d’assurer une meilleure compréhension du paysage de la recherche, de son organisation, de ses moyens de financement et de sa volonté de s’internationaliser, et de découvrir de nouvelles possibilités de collaboration en Ontario et ailleurs au Canada. Les gouvernements du Canada et de la France partagent le désir d’internationaliser la recherche et cette antenne conjointe est là pour en faciliter la mise en œuvre. Elle souhaite instaurer un dialogue constructif avec les différents acteurs et actrices de la recherche et travailler de concert avec l’ambassade de France.

La création de cette antenne pourrait aussi contribuer au développement de la recherche transatlantique entre l’Europe et le Canada. L’antenne cherchera également à s’inscrire dans les efforts de valorisation de la recherche scientifique auprès du tissu industriel canadien et français.

L’antenne cible-t-elle des collaborations de recherche dans des domaines particuliers?

Pour l’Université de Lyon, il s’agit, entre autres, des sciences de la santé et du lien de la santé avec les sciences sociales et humaines. Il y a aussi les sciences et l’ingénierie, surtout en ce qui a trait au développement durable et à l’urbanisation croissante. Pour le CNRS, il y a une volonté d’appuyer des recherches à la fine pointe sur des défis sociétaux et technologiques mondiaux.

Parlez-nous de votre cheminement.

Je suis né en République tchèque et j’ai fait mes études, jusqu’à ma maîtrise, à l’Université Charles, à Prague. Après la « Révolution de velours » à Prague, j’ai voulu saisir les nouvelles occasions que j’avais de découvrir le monde et d’autres langues. Je me suis retrouvé à faire une thèse de doctorat en géophysique à Lyon.

Je suis chercheur au CNRS depuis 18 ans. En 2007, j’ai pris la direction des relations internationales à l’École normale supérieure de Lyon. Au bout de cinq ans, je suis passé à la direction des relations internationales à l’Université de Lyon. J’ai ensuite changé d’échelle pour venir m’installer à Ottawa.

Petite anecdote amusante : Je suis né près d’une rivière qui s’appelle Otava et je me retrouve, quelques dizaines d’années plus tard, à Ottawa!

 

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