La recherche en action

Publié le lundi 15 juin 2020

Des collègues méconnaissables qui joignent leurs mains

 

Prévenir les décès évitables

Au cours des dernières années, l’augmentation des décès liés à la consommation d’opioïdes dans toutes les régions du Canada a atteint des proportions alarmantes. Selon les plus récentes données de l’Agence de la santé publique du Canada, 14 700 décès apparemment liés à la consommation d’opioïdes ont été enregistrés au Canada entre janvier 2016 et juin 2019, pratiquement tous des accidents (94%). L’augmentation des taux de surdoses mortelles et non mortelles serait notamment due au fait que la qualité et le contenu des drogues sont inconnus.

Lynne Leonard, professeure à la Faculté de médecine, et son équipe ont mis en œuvre un programme communautaire de vérification du contenu des drogues au centre d’injection supervisée Oasis du Centre de santé communautaire Côte‑de‑Sable à Ottawa.

« Nous avons acheté et installé un petit spectromètre de masse novateur pour détecter et mesurer la présence d’opioïdes et d’analogues », explique-t-elle. Le spectromètre sert à analyser les drogues que les utilisateurs amènent chaque jour au centre d’injection supervisée. L’équipe l’a adapté de façon à pouvoir identifier 22 drogues différentes pouvant se retrouver dans les drogues injectables.

Lynne Leonard et son équipe, un partenariat entre la communauté, des fournisseurs de soin de santé, des chimistes et des chercheurs en sciences sociales guidés par un comité consultatif communautaire, communiquent régulièrement les résultats de leurs recherches aux personnes qui en ont le plus besoin : les toxicomanes, le milieu de la santé et le milieu de la justice et les décideurs. Entre autres résultats importants, ces communications ont entraîné des changements de comportement bénéfiques chez les utilisateurs eux-mêmes, qui vont par exemple réduire leur dose ou avertir les autres des dangers associés à telle ou telle marchandise. « Les drogues vendues sur la rue sont aussi beaucoup plus pures maintenant », explique la chercheuse.

Deux chercheuses pointant un petit spectromètre de masse

La professeure Lynne Leonard (à droite) montre à la Dre Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique au Canada, un petit spectromètre de masse utilisé pour analyser les drogues que les utilisateurs amènent chaque jour au centre d’injection supervisée.

De tels efforts d’application pratique de la recherche ont valu à la professeure Leonard le Prix d’excellence en mobilisation des connaissances de l’Université d’Ottawa. Les professeurs Ryan Katz-Rosene (Faculté des sciences sociales) et Patrick O’Byrne (Faculté des sciences de la santé) ont également remporté ce prix qui fait partie de diverses initiatives mises en place par le Cabinet du vice-recteur à la recherche pour souligner les meilleures pratiques en mobilisation des connaissances.

« Le prix s’adresse à des chercheurs établis ou en début/milieu de carrière qui ont réussi à promouvoir et à favoriser l’utilisation de la recherche à l’extérieur de la communauté scientifique, dit le vice-recteur à la recherche, Sylvain Charbonneau. Je félicite nos lauréats pour les efforts déployés afin de diffuser les résultats de leurs recherches. Ils ont ainsi permis à différentes communautés de bénéficier de connaissances qui leur sont habituellement inaccessibles. »

 

L’avenir des protéines durables

Le professeur Ryan Katz-Rosene travaille auprès de fermiers, de leaders éclairés de la société civile et d’autres chercheurs à un projet portant sur la durabilité du système agroalimentaire et le rôle que jouent différentes sources de protéines (viande, produits laitiers, légumineuses, insectes, etc.) dans l’atteinte des objectifs de sécurité alimentaire et de développement durable à l’échelle mondiale. « J’étudie les principales approches proposées pour répondre à un défi complexe, c’est-à-dire nourrir la planète dans le respect de l’environnement, de l’éthique, des particularités culturelles et des besoins nutritionnels », explique le chercheur.

Le professeur Katz-Rosene a plusieurs initiatives de mobilisation des connaissances à son actif. Mentionnons entre autres un court documentaire expliquant les principales approches d’avenir pour assurer la durabilité des protéines; une conférence de la série « À saveur de science » du Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada; sept documents d’information et exposés de politique rédigés pour le gouvernement et les professionnels du secteur agroalimentaire; et un atelier de recherche organisé dans le cadre du Forum pour le dialogue Alex-Trebek. Déjà, ces initiatives ont eu des impacts importants sur diverses communautés d’utilisateurs de connaissances : des chercheurs aux fermiers en passant par les professionnels du secteur agroalimentaire. Mieux au fait de la complexité et de la valeur des différentes solutions possibles à un problème multidimensionnel, ces utilisateurs de connaissances ont déjà commencé à changer leurs pratiques et leurs politiques d’approvisionnement.

Un homme parle devant un micro

Le professeur Ryan Katz-Rosene travaille à un projet portant sur la durabilité du système agroalimentaire. Photo : Adam Gibbard

La résurgence des cas de syphilis à Ottawa

Pour appuyer leurs recherches sur la prévention, le diagnostic et la prise en charge des infections transmises sexuellement (ITS), y compris le VIH, le professeur Patrick O’Byrne (Faculté des sciences de la santé) et son équipe ont mené des études épidémiologiques avec Santé publique Ottawa, entrepris des recherches auprès de personnes touchées par les ITS et testé diverses interventions en milieu clinique.

« Mon équipe de recherche, en partenariat avec Santé publique Ottawa, s’est penchée sur l’épidémiologie de la syphilis à l’échelle locale et a établi la présence d’une éclosion, explique le professeur O’Byrne. En 2000, les U.S. Centers for Disease Control estimaient que la syphilis pourrait être éradiquée d’ici 2005 tellement son incidence était faible. Or, de 2014 à 2019, nous avons observé une augmentation de 400 % des cas de syphilis à Ottawa, ce qui a confirmé nos soupçons cliniques. »

Selon le professeur O’Byrne, ce projet a eu des impacts retentissants. Depuis le début de l’étude sur l’éclosion en 2018, le nombre de tests effectué a augmenté, et le nombre de cas de syphilis à Ottawa a légèrement diminué pour la première fois en cinq ans. Ce partenariat de recherche avec Santé publique Ottawa a non seulement établi la présence d’une éclosion de maladie infectieuse, mais a aussi proposé des solutions d’atténuation efficaces par la conception, la mise à l’essai et la mobilisation de ressources visant à faciliter le travail des professionnels de la santé.

Un infirmier portant un masque est assis dans une clinique.

Le professeur Patrick O'Byrne et son équipe se sont penchés sur l’épidémiologie de la syphilis à l’échelle locale et ont établi la présence d’une éclosion.

Pour en savoir plus sur ces initiatives en mobilisation des connaissances, inscrivez-vous à nos causeries virtuelles :

Participez à une causerie virtuelle avec Patrick O’Byrne le lundi 22 juin.

Inscrivez-vous à « La résurgence de la Syphilis à Ottawa : de l’épidémiologie vers des recherches qui ont transformé les pratiques infirmières ».

Participez à une causerie virtuelle avec Lynne Leonard le lundi 29 juin.

Inscrivez-vous à  « Prévenir des décès évitables : une réponse communautaire à la crise des opioïdes ».

Participez à une causerie virtuelle avec Ryan Katz-Rosene le lundi 6 juillet.

Inscrivez-vous à « Les protéines et la planète : Jeter des ponts entre le savoir et les producteurs agroalimentaires, les penseurs et les décideurs ».

 

Aux Prix d’excellence en mobilisation des connaissances s’ajoutent six subventions Mobilisation des connaissances accordées aux centres et instituts suivants de l’Université d’Ottawa :

  • Centre d’études en politiques internationales (CÉPI)
  • Centre de recherche sur les services éducatifs et communautaires (CRSEC)
  • Institut de recherche sur la science, la société et la politique publique (ISSP)
  • Institut de recherche LIFE
  • Centre de recherche sur les matériaux avancés (CAMaR)
  • Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF)

Apprenez-en plus sur les centres et instituts de recherche de l’Université d’Ottawa.

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