Revue en libre accès : un jalon historique

Publié le jeudi 13 juillet 2017

Jules Blais

Jules Blais, professeur de biologie à l’Université d’Ottawa

 

Jules Blais, professeur de biologie à l’Université d’Ottawa, est fondateur et éditeur en chef de FACETS, la toute première revue scientifique multidisciplinaire proposée en libre accès au Canada. Celle-ci est récemment devenue la revue officielle de l’Académie des Sciences de la Société royale du Canada, un premier endossement d’une revue scientifique en 135 ans d’histoire. Jules Blais explique ce que signifie cette distinction.

Pouvez-vous nous parler brièvement de FACETS et de son affiliation avec l’Université d’Ottawa?

La revue FACETS a vu le jour en 2016; elle est publiée par Éditions Sciences Canada, l’organisation à but non lucratif derrière la suite de publications originales des Presses scientifiques du CNRC. Si FACETS est réellement une revue de portée internationale à laquelle contribuent des chercheurs et des rédacteurs du monde entier, la revue a avant tout été conçue à l’intention des chercheurs canadiens – c’est pourquoi nous y publions des articles en anglais et en français. On y trouve une vaste gamme de types de travaux, y compris un forum d’applications scientifiques pour discuter de l’incidence de la recherche scientifique sur la société. Cette publication canadienne d’avant-garde est évidemment liée à l’Université d’Ottawa, puisqu’il s’agit d’une université bilingue située au cœur de la capitale nationale. Tout comme moi, fondateur et éditeur en chef de la revue, bon nombre de ses rédacteurs sont professeurs à l’Université – c’est un environnement tout naturel pour un journal scientifique bilingue.

FACETS est désormais la revue officielle de l’Académie des Sciences de la Société royale du Canada. Que signifie ce statut pour la publication?

L’Académie des Sciences de la Société royale du Canada est l’organisation scientifique la plus respectée au Canada. Ce partenariat constitue un jalon historique dans le domaine de la publication savante au pays, puisqu’il s’agit de la première fois en 135 ans d’histoire que la Société royale du Canada endosse une revue. Ce fait atteste de la qualité de FACETS, de son comité de rédaction, de son processus de publication et de son éditeur; il signale aussi aux chercheurs et aux académies nationales dont ils relèvent que ceux-ci doivent travailler de concert pour résoudre ensemble les problématiques de notre époque à l’échelle mondiale. Cet exploit historique arrive à point nommé pour le 150anniversaire de la Confédération du Canada.

Pourquoi avez-vous contribué à la création de cette revue?

L’inspiration pour la revue FACETS nous est venue des consultations exhaustives auprès de chercheurs et de parties prenantes – les chercheurs souhaitaient diffuser davantage de leurs travaux en libre accès et les bailleurs de fonds exigeaient un accès libre aux travaux publiés. Nous étions d’avis qu’une revue interdisciplinaire offrirait une plateforme idéale pour traiter non seulement des plus récents travaux de recherche, mais aussi de l’incidence de celle-ci sur la société. Jusqu’à l’arrivée de FACETS, il n’existait dans la documentation scientifique aucun forum axé sur la réalité canadienne. La revue a été conçue de façon à combler ce vide.

Pourquoi avez-vous choisi de publier FACETS en libre accès? Que signifie cette décision pour la publication scientifique?

Le modèle de libre accès rend les travaux de recherche accessibles à quiconque dispose d’une connexion Internet. Il confère aussi une portée, une influence et une pertinence mondiales à ces travaux. Par exemple, un article récemment paru dans FACETS révélait que les revues scientifiques avec comité de lecture sont considérées comme la source la plus fiable de données scientifiques, mais comptent parmi les ressources les moins consultées par le public. Le libre accès vise à faire tomber les barrières et à mettre des renseignements scientifiques de confiance à la portée de tous les lecteurs potentiels. Nous avons déjà constaté que la recherche publiée dans FACETS a été adoptée dans des pays en voie de développement où les chercheurs ont un accès restreint aux publications. Je crois et j’espère que le libre accès représente l’avenir de la publication savante.

Les revues savantes trompeuses et les fausses nouvelles scientifiques sont des sujets de l’heure. Comment s’y prend-on pour établir et préserver la crédibilité d’une publication scientifique émergente?

La revue FACETS est publiée par le plus important éditeur de revues savantes au pays, Éditions Sciences Canada, qui jouit de 85 années d’expérience et d’une solide réputation pour ses normes éditoriales rigoureuses. Le comité de rédaction se compose de quelque 83 experts de renommée internationale dans leurs champs respectifs et la revue a été endossée par l’Académie des Sciences de la Société royale du Canada. Bref, FACETS peut compter sur d’excellentes références et continuera de s’établir en tant que ressource fiable et accessible à son lectorat international.

 

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