Mot de la vice-rectrice à la recherche

Mona NemerMona Nemer
Professeure et vice-rectrice à la recherche

Humanité 2.0

Adénine. Cytosine. Guanine. Thymine. On peine encore à y croire, mais le 26 juin 2000, le Projet du génome humain a réussi un exploit inimaginable : décoder le génome humain, qui compte plus de 3 milliards de paires de ces quatre molécules de base. Un peu plus de dix ans plus tard, les progrès scientifiques innovateurs soutenus en biotechnologie ont fait en sorte que des sujets normalement relégués aux annales de la science-fiction, comme la perfection humaine et même l’immortalité, suscitent un grand intérêt et font l’objet de débats sérieux.

Dans les pays développés, rien ne semble pouvoir freiner cette quête de l’amélioration humaine soutenue par des moyens biomédicaux. Les promesses que fait miroiter le transhumanisme – le ralentissement ou l’élimination du vieillissement et des capacités intellectuelles, physiques et psychologiques accrues – sont désormais des objectifs beaucoup plus tangibles et atteignables que jamais.

La composition même de l’argile humaine qui a jusqu’à maintenant modelé l’esprit et le corps est désormais en pleine transformation. Les avancées étonnantes en robotique, en intelligence artificielle, en télécommunications et en ingénierie génétique, pour ne nommer que ces disciplines, ont marqué l’avènement d’une ère où la technologie n’est plus que le simple prolongement de l’humain – elle en fera désormais partie intégrante.

Pourtant, cette aspiration vers le « post-humain » a lancé des signaux d’alarme et a suscité des discussions, débats et conflits animés. De plus, les recherches sur l’avenir de l’espèce humaine se sont multipliées. Faudrait-il établir des limites en ce qui a trait à l’amélioration de l’être humain? Les mises à niveau seront-elles à la portée de chacun, ou uniquement accessibles aux bien nantis? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour nous transformer? Sommes-nous prêts à embrasser ces changements? Ceux-ci modifieront-ils à jamais la nature humaine?

Dans ce numéro de Perspectives sur la recherche, intitulé « Notre futur post-humain », nos chercheurs explorent ces questions et d’autres problématiques clés associées aux technologies émergentes, à la lumière de développements qui changent radicalement le paysage de la recherche – tant dans leurs disciplines respectives que dans la recherche qu’ils mènent ici même à l’Université d’Ottawa. De tels développements transformeront à coup sûr et radicalement les individus, les collectivités, voire même l’humanité entière.

Je souhaite que les sujets présentés dans ce numéro donnent amplement à réfléchir et alimentent une profonde réflexion sur notre avenir post-humain. 

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