La quête du Graal de la bonne gouvernance

 

Promouvoir des sociétés justes

Efficacité, efficience et équité sont les trois balises qui doivent éclairer les acteurs publics devant les défis d’une société en transformation.

Photo : Colin Rowe

par Karine Fossou

Le Canada est en pleine mutation, et devant des enjeux de politique publique liés à la mobilité durable, au développement de villes intelligentes ou à la gestion de l’eau, les acteurs publics canadiens ont un défi de taille à relever : adapter leurs pratiques de gouvernance à l’évolution de notre écosystème et aux exigences démocratiques de la société.

« Ce qui m’intéresse dans l’étude de la gouvernance et des politiques publiques, c’est de travailler sur des enjeux de grande pertinence sociale », affirme Eric Champagne, professeur à l’École d’études politiques de la Faculté des sciences sociales.

C’est dans ce contexte de transformations sociétales, technologiques et environnementales que celui qui porte également la casquette de directeur du Centre d’études en gouvernance (CÉG) de l’Université d’Ottawa s’intéresse à l’interaction des acteurs et des organisations publiques avec leur environnement, ainsi qu’aux processus décisionnels et à la mise en œuvre des politiques publiques.

Pour Eric Champagne, « le grand enjeu au Canada est d’être capable de répondre aux besoins sociaux par le biais d’organisations publiques qui sont à la fois efficaces au sens des résultats et efficients dans la mesure où ils optimisent les ressources ». L’aspect éthique en lien avec la transparence, l’équité, la confiance et l’assainissement des organisations publiques fait, selon lui, également partie intégrante de cette quête du Graal de la bonne gouvernance.

Accompagner les réformes du secteur public en se penchant sur les processus de gouvernance des organisations et en favorisant l’émergence de bonnes pratiques et d’approches innovantes est le cheval de bataille du chercheur. Une mission qu’il assume en insufflant son leadership au CÉG.

« Le développement et le déploiement de partenariats internes et externes est au centre de notre action », explique le professeur, pour qui la vocation du CÉG est d’être un carrefour d’idées autant qu’un catalyseur de recherche interdisciplinaire.

C’est ce qu’incarne parfaitement le nouveau projet partenarial de recherche sur la gouvernance de l’eau, auquel ses équipes et celles des professeures Heather McLeod-Kilmurray et Nathalie Chalifour, du Centre de droit de l’environnement et de la durabilité mondiale, et de Marie-France Fortin, du Centre de droit public, vont se consacrer pendant les trois prochaines années.

Ce partenariat fait partie de l’initiative « Innover pour un monde meilleur » du Forum pour le dialogue Alex-Trebek, qui vise à transformer les politiques publiques sur l’intelligence artificielle, les droits de la personne et la gouvernance de l’eau. « Notre projet a pour objectif d’encourager le dialogue et de bâtir des ponts entre les chercheurs, les acteurs gouvernementaux, les groupes d’intérêt, les populations autochtones et le grand public sur la question de l’eau douce », indique le chercheur.

Les activités de recherche qui y seront menées intégreront les points de vue de ces groupes pour identifier les problématiques liées au droit, à la gouvernance et à la gestion durable de cette ressource, dans le contexte des changements climatiques. Développées en collaboration avec les chercheurs du CÉG Sylvie Paquerot, Anne Mévellec, André Lecours et Jennifer Wallner, ces activités permettront de formuler des recommandations pour éclairer les politiques publiques.

« Notre but est d’avoir un réel impact, reconnaît Eric Champagne, et le moment est bien choisi pour intervenir dans la gouvernance de l’eau, un secteur où beaucoup d’efforts sont déployés à l’échelle fédérale pour créer une agence de la gestion de l’eau potable. »

Ce projet est emblématique des axes de recherche prioritaires de l’Université. Il s’inscrit pleinement dans la mission qu’elle s’est fixée de contribuer à façonner les politiques publiques d’aujourd’hui et de demain, par l’avancement des connaissances et leur mobilisation à l’extérieur du cadre universitaire, afin de promouvoir des sociétés justes.

 

Eric Champagne

Eric Champagne codirige un projet commun sur la gouvernance de l’eau au Canada.

Photo : Courtoisie

Renforcer la gouvernance universitaire

Eric Champagne en est convaincu : faire sortir la recherche de sa tour d’ivoire est essentiel pour augmenter ses retombées. C’est pourquoi il place la mobilisation des connaissances au cœur des activités du Centre d’études en gouvernance (CÉG).

Elle s’y déploie dans divers partenariats avec les secteurs à but non lucratif, privé ou public, tels que le Programme canadien de bourses de la Francophonie d’Affaires mondiales Canada. Inauguré en 2019 et impliquant la participation de plusieurs universités d’autres pays, ce programme de recherche-action sur la gouvernance universitaire contribue au rayonnement mondial de l’expertise en gouvernance de l’Université d’Ottawa.

Cette initiative fait la part belle à l‘Afrique, dont Eric Champagne a été spécialiste des réformes publiques pendant une décennie à la Banque mondiale. « Participer à l’amélioration de la gouvernance des universités africaines et au renforcement de la formation en gestion publique de la jeunesse africaine, c’est aussi soutenir le développement économique et démocratique de ces sociétés », explique-t-il.

Le CÉG contribue ainsi pleinement à amplifier la portée des recherches menées à l’Université d’Ottawa au-delà de la communauté universitaire et à façonner les politiques publiques au Canada et dans le monde.

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